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car parmi tous les souvenirs

  • Psaume 22.

    Tu as une odeur de gitane et de whisky

    tu cuisines des plats du dimanche le dimanche et des spaghetti le samedi midi

    tu joues de la clarinette, du saxophone et du banjo

    tu écoutes France Inter,

    tu fais de la sérigraphie et de la photographie

    tu écoutes Les Nocturnes de Chopin, la sonate en A major de Schubert, la 7e de Beethoven

    tu prépares du Quaker avec un jaune d’œuf dedans pour les petits déjeuners de jour d'examen

    tu dis C'est toi qui paies EDF ?

    tu dis C'est des chanteurs ça ? en entendant Indochine et Cure

    tu m'offres le coffret de Brel pour noël, le coffret de Piaf pour mon anniversaire, le coffret de Brassens pour rien

    tu écrases le chat sans le faire exprès (il s'est caché sous le moteur) et tu n'oses pas nous le dire,

    tu m'aides à faire mes devoirs de maths et tu utilises des briques de Légo pour que j'y comprenne quelque chose,

    tu ne veux pas qu'on entre dans la cuisine quand tu cuisines,

    tu dis C'est un plat fait avec amour mais tu ne dis pas Je t'aime

    tu pleures quand mon cousin Laurent meurt à l'âge de 10 ans

    tu pleures quand tu apprends que tu es licencié

    tu as un rupture d'anévrisme, une première crise cardiaque, un pontage, une deuxième crise cardiaque.

    Un jour, tu meurs. Je cours chercher ton voisin pasteur qui lit le psaume 22 à ton chevet tandis que je te tiens la main. Je me demande si j'ai bien fait mais c'est la première chose qui m'est venue à l'esprit ce jour-là.

    Tu me pardonneras.

     

     

     

  • château hanté

    - Madame, on a trop peur, est-ce qu'on peut vous tenir la main ?

    Dans le noir presque complet du château hanté de la vogue de la Croix-Rousse deux minuscules mains s'accrochent aux miennes. Je n'ose pas dire aux deux fillettes que je suis aussi effrayée qu'elles depuis que j'ai été abandonnée par mon jeune fils qui court quelque part devant. Mais puisqu'elles me le demandent, je fais l'adulte et j'essaie de ne pas trop crier quand une momie nous frôle en murmurant des trucs bizarres et que des toiles d'araignée viennent s'accrocher à nos cheveux.

    On se découvre à la sortie du château, toutes les trois un peu aveuglées par la lumière du jour. Elles me remercient poliment et me lâchent la main pour continuer de vivre leur vie de petites filles sûres de la robustesse et de l'invulnérabilité des adultes.

    Elles ont bien le temps de savoir...

     

     

  • Tatami

    Dans un documentaire sur François Mitterrand, Laurent Fabius confie que la devise du président était "La vie, c'est du judo" car "il est possible de faire de ses faiblesses une force".
    C'est aussi ce que l'on m'a vendu à l'âge de 10 ans pour m'inviter à m'inscrire à l'atelier au club d'art martial du mercredi après-midi à l'école primaire de Saint-Jouin de Bruneval.
    J'ai été maintenue à terre sur les tatamis pendant 6 mois par une Marilyn Fouache de 15 kilos de plus que moi. Elle aussi murmurait à mon oreille "La vie, c'est du judo" et on ne peut pas dire que c'était une bonne nouvelle pour moi.