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  • 7h37

    Station Mermoz-Pinel

    7h37

    les minots boivent du coca à la canette

    et tirent une dernière fois sur le mégot shiteux

    avant le cours de français

    les témoins de Jéhovah promettent

    assidus

    que

    la délivrance est proche

    dans mon casque

    Gurdjieff- de Hartmann

    200 mètres

    avant

    la salle des profs.

     

     

     

  • Jeux interdits

    On joue à chat perché dans tous les coins de l'appartement 

    le jeu est de grimper le plus haut possible

    parfois on fait tomber des meubles et on casse des bibelots

    (on n'est pas très matérialistes)

    On se cache-cache

    un jour il ne m'a pas trouvée pendant très longtemps

    je me suis endormie

    à mon réveil il cherchait des poux dans ma tignasse emmêlée

    ça a mal fini

    (façon de parler)

    on joue au loup où es-tu m'entends-tu

    je me laisse toujours dévorer exprès

    (alors que je suis très forte en esquive)

    pour l'amadouer je lèche son crâne lisse

    mais il plante ses dents dans ma nuque

    je ne peux plus bouger

    c'est le jeu de la proie domptée

    (ou presque)

     

     

     

     

     

     

  • Idrisse

    Idrisse dit :"Madame, Si ça ne vous dérange pas, je préfère lire en marchant car, assis, je lis trop lentement."

    Et, c'est vrai, il lit mieux en marchant.

    Je lui dis que je connais (très bien) un écrivain qui écrit mieux debout aussi. Il comprend.

    Intitulons ce texte : En lisant, en marchant, en écrivant.

  • La peur dévore l'âme (Angst essen seele Auf)

    - Non mais, c'est la fin de la séduction, là ! On ne peut plus rien dire, plus rien faire sans flipper d'être importun, faut arrêter !

    -  Console-toi. Survivront longtemps l'amour paria, la tendresse et l'érotisme à la Fassbinder. Fais preuve d'imagination et arrête de geindre.

     

     

     

    Image extraite du film La peur dévore l'âme (Angst essen seele Auf)

  • Prehistoric women

    Quand il recommençait à faire froid, qu’elle chouinait à cause du message « SYNCHRO KO » sur sa SFRBOX, de la file d’attente à la caisse du super U ou du sac de litière éclaté devant la porte du local poubelles, elle s’obligeait à penser à la vie des femmes du Paléolithique et, précisément, à SA référence de LA femme préhistorique : Martine Beswick dans PREHISTORIC WOMEN (1967).
    La vie n’avait pas l’air facile-facile à cette époque. Ce dieu-rhinocéros blanc avec sa grosse corne belliqueuse, les mâles en rut ininterrompu, les bikinis en peaux de bêtes inconfortables, la chasse en toutes saisons, la gestion compliquée d’une ethnie de blondes au brushing impeccable réduites en esclavage et fomentant une rébellion perfide… tout cela la consolait provisoirement de sa condition de femme moderne et elle reprenait courageusement les choses en main.
    Appeler le 1023 pour cette histoire de box...

  • Kebab

    - Et, il est où ton argument pédagogique quand tu convaincs tes élèves de venir à une sortie théâtre à 20h en leur disant qu'il y a le meilleur kebab de Lyon à 20 mètres de la salle de spectacle ?

    - Nulle part.

    - C'est bien ce qu'il me semblait.

  • Le Havre 80

    Le temps est encore un peu gris, ici. Notre cabane de plage est cependant déjà bien plaisante en cette saison quand un rayon de soleil parvient à ramper jusqu'à elle (Oui, au Havre, le soleil rampe, tu le sais).
    Je relis souvent ta lettre et, le reste du temps, je m'ennuie avec passion. J'ai déplié ta chaise pour me faire croire que tu es parti ramasser des coquillages et que tu vas revenir bientôt.
     
    Je me languis toute et t'embrasse.
     
     
    Ta mouette.
     
     
    PS : J'ai bien retrouvé ton épuisette qui était (je le savais) cachée derrière le petit meuble blanc.
     
     
    Le Havre.
     
     
     
     
     
     
     
    (Photo extraite de la page facebook Le Havre inédit)

  • Le scaphandrier

    Quoi qu'il en soit

    elle avait décidé de vivre ses lundis matin avec élégance.

  • Shampoing

    - Tu fais partie de ceux qui ferment les yeux ou qui les gardent ouverts, pendant le shampoing, chez le coiffeur ?

    - C'est quoi cette question ?

    - C'est sérieux, c'est la question clé du test de personnalité que je suis en train de créer.

    - Tu me fais flipper parfois.

     

  • Fabienne Swiatly

    Fabienne,

    Je dois te dire quelque chose.

    J'ai un chat, tu ne le connais pas encore, qui s'appelle Buster Keaton. Mais c'est trop long, alors on dit Buster.

    Ce chat n'a pas très bonne réputation dans le quartier. Il ne tolère que les gens de son clan. Et, il choisit de manière très péremptoire qui a le droit d'entrer dans sa maison et qui doit rester sur le paillasson. Je ne sais pas s'il a une technique particulière mais le résultat est sans appel : il t'aime ou il ne t'aime pas. D'emblée. Et ça ne bouge plus. J'avoue que cela m'a mise dans des situations un peu difficiles, parfois, vis-à-vis de gens que, moi, j'aime beaucoup.

    Mais, en même temps, je ne peux pas vraiment le blâmer car je suis un peu comme lui. Qui a déteint sur qui, en 10 ans de vie commune ?

    Toi, Fabienne, je t'ai aimée tout de suite, hier. C'est comme ça.

    Je te présenterai bientôt Buster. Moi, je l'aime bien ce fichu chat.

     

  • Peanuts

    Il se réjouissait de faire partie d'une société dans laquelle on pouvait devenir héroïque à peu de frais. Déposer un ticket de transport en commun encore valide sur une borne de métro était devenu un geste hors-la-loi. On pouvait, aujourd'hui, entrer dans la résistance pour peanuts, ce qui l'arrangeait bien finalement. Il n'avait pas beaucoup de temps à consacrer à une quelconque révolution mondiale en ce moment.

  • Grande.

    Petite, j'étais déjà grande. Mes copines de classe menaçaient de m'étêter quand elle ne pouvait pas voir le tableau à cause de ma tête qui dépassait. Je ne savais pas trop quoi faire de mes bras, de mes jambes. J'étais souvent recroquevillée quand j'étais assise, les jambes sous le menton, pour ne pas prendre trop de place. L'espace que j'occupais n'était pas celui que j'appréhendais dans mon corps. J'avais une nature de petite dans un corps de longue tige. "Grande girafe". Je ne dressais pas fièrement la tête. Non. Comme la plupart des grandes, au contraire, j'essayais de paraître moins verticale, moins encombrante, moins visible. A l'adolescence, ça s'est compliqué. Je regardais le monde d'un peu plus haut que les autres filles, ça me donnait l'air hautain. "T'as l'air prétentieuse". Contre le mur des salons, dans les boums, je regardais les couples improvisés se galocher pendant les slows. Si un garçon me regardait avec insistance, c'est parce que j'étais bizarre, ça ne pouvait pas être autre chose. J'enviais les filles dans la norme et les plus petites que les autres. Peut-être avaient-elles une essence de grande, elles ? Ça aurait été bien de pouvoir échanger nos carcasses, de temps en temps.

  • Complainte

    Que sont mes 1800 élèves devenus...

  • ARMAGUEDON STRIP : AUJOURD'HUI EN LIBRAIRIE.

    - Il parait que Black Lips a écrit ce titre après avoir lu Armaguédon strip de Frédérick Houdaer.
    - C'est pas possible, il sort aujourd'hui en librairie.
    - Ah ? Ben, c'est une sorte d'Annonciation, alors.


  • Don

    - Quel don n'aimerais-tu pas avoir ?
    - Lire dans les pensées des gens.
    - Même dans les miennes ?

     

  • Dans son ensemble

    Si l'on exclut les génocides, l'invention de la gégène, des talons aiguilles, du fond de teint et du string

    la vie humaine n'est finalement pas si décevante que cela

    dans son ensemble.

  • Baobabs

    Quand tu étais enfant, tu faisais le cochon pendu à 5 mètres au-dessus du sol de gravier dans des cages à écureuil, de vraies structures de la mort. Tu glissais sur des toboggans géants qui manquaient de t'éjecter à chaque bosse. Tu grimpais dans des arbres grands comme des baobabs et tu te balançais de branche en branche, tout en haut. Tu partais dans la mer, accroupie dans de petits bateaux gonflables incertains, et tu ramais avec les mains, super loin de la plage.

    Entre 5 et 12 ans, tu t'en souviens, tu as été courageuse.

     

  • La petite mélancolie

    La petite mélancolie qui étreint le prof au moment du réglage de l'alarme du réveil

    chaque veille de rentrée...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    image : No Place Like Hulme | Images of Hulme, Manchester in the 1970s, 80s & 90s. – British Culture Archive

  • Aloe vera

    Il m'est apparu progressivement de plus en plus troublant de constater que le packaging des produits d'entretien ménager finissait par ressembler à celui des produits cosmétiques haut de gamme.

    Je résiste, pour ma part, de plus en plus péniblement à l'envie de m'enduire de gel vaisselle à l'aloe vera sous la douche, de me faire des gommages à la lessive en poudre bio, de me glisser dans un bain moussant de capsules nettoyantes citronnées, de m'envelopper du parfum orange-cannelle du désodorisant d'intérieur.

    Plus récemment, j'ai remarqué avec inquiétude que les croquettes pour chat trois étoiles commencent elles aussi à me faire de l’œil au petit déjeuner au côté de mes céréales préférées...