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  • 2017- stop -

     


  • 1984

    Grande sauterelle,

    grande girafe,

    t'as vu, t'as un genou qui rentre en dedans,

    on voit tes veines sous ta peau ça fait comme un plan d'Atlas Michelin,

    tu fais de l'anorexie ?

    ferme la bouche tu vas rayer le plancher,

    tu vas le garder combien de temps cet appareil ?

    c'est pas normal, avec des jambes comme ça tu devrais être bonne au saut en hauteur,

    tes cheveux tu devrais les permanenter,

    tu te rases pas les jambes ?

    t'as les seins de Birkin,

    si tu veux des seins, mange du Boursin.

     

     

     

     

     

     

     

  • My chérie chérie Jane

    Allo, allo le MLF 74 !  La petite Jane fait encore des siennes !

     


  • Mes bouquets d'Asphodèles


  • Love like blood

    Je lui ai donné mon cœur. Et puis, après, je ne sais pas. Ça a dégénéré.

     

    Aurora consurgens, St. Gallen 15th century (Zürich, Zentralbibliothek, Ms. Rhenoviensis 172, fol. 19v)

  • 2017

    - Tu as vu ce qu'on lui a mis à l'année 2017, finalement ?

    - Oui. Et, on ne peut pas dire que c'était du tout cuit dès le départ.

    - Give me five, my love.

  • Les chaussures qu’Anabel a peintes puent la défaite.

    Trouées, dégueues, râpées, elles gisent. En France, on les jetterait. On irait de ce pas en acheter d’autres. Là-bas, elles marchent. Elles continuent à marcher même usées, parce de toute façon, y a pas le choix. C’est ça ou tomber raide, alors tant pis. Avancer malgré tout. Les poètes qui nous touchent écrivent comme ça. Comme des grolles tabassées par les chemins, les coutures mal en point et tout près de la déchirure finale. Ce qui sort de ce harassement, les jours de fête ? L’émotion... La blue note... Le feu du feu dans les boyaux... Oui, c’est peut-être ça que raconte le nom du blog... C’est peut-être aussi simple que ça, au fond... Placez donc un seau d’eau à vos côtés avant de lire. On sait jamais ce qui pourrait flamber... A très vite. Saludos.
     
    Laurent Bouisset, Marseille, le 13 août 2017

     

    http://fuegodelfuego.blogspot.fr/2017/09/nouveaux-delits-n18-special-guatemala.html

     


     

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  • Catherine Deneuve

    - Ça y est le chat. Il le refait.

    - Quoi le chat ?

    - Il vient se mettre entre nous deux juste maintenant. Et qu'est-ce qu'on est en train de faire ?

    - On regarde un film ?

    - Oui. Et quel film ?

    - Hôtel des Amériques ?

    - Un film avec CATHERINE DENEUVE. Il rapplique TOUJOURS quand on regarde un film avec Catherine Deneuve. T'as pas remarqué ?

    - Maintenant que tu le dis...

    - Ouais.

     

  • Judith & Holopherne


    Speculum humanae salvationis, France 1470-1480 (Marseille, Bibliothèque municipale, ms. 89, fol. 30v)

     
  • Mon Lion.

    Guillaume de Machaut, Le Dit du Lion, Paris ca. 1390 (BnF, Français 22545, fol. 66v)

  • Il était des femmes et des enfants...

    Top of the lake, saison 2. Jane Campion.

  • Pigeons 1 (Fist bump)

    Grand rue de la Croix-Rousse, des pigeons à moignons s'affairent sur le trottoir et me toisent d'un œil farouche quand j'arrive à leur hauteur. J'ai envie de leur dire que moi non plus je n'aime pas particulièrement cette agitation humaine des jours autour de noël. Je me contente de leur transmettre un fist bump mental solidaire en passant.

  • Métro D

    Tous nos cernes bleus se sont donné rendez-vous dans le métro du matin.

    L'homme joue sur son portable, il a une tache de dentifrice sur la joue,

    la femme lit Temps glaciaires de Fred Vargas,

    l'adolescente se maquille sans jamais faire dépasser son mascara ou son rouge à lèvres,

    le bébé fixe le panneau indicateur des stations en serrant très fort son doudou,

    la maman se mouche et tousse, le menton enfoncé dans une écharpe qui peluche.

     

  • Paie ta révolution

    Dans les années 2010, le monde du mannequinat vit poindre des tentatives de rébellion sporadiques qui consistaient à glisser des filles à formes, des filles à poils, des filles handicapées, des filles brûlées, des filles souffrant de vitiligo, des filles naines dans les défilés de haute couture.

    Des gamines trisomiques se mettaient à singer les Miss dans les concours de beauté et le public dégueulasse les acclamait.

    Moi, bêtement, au début, j'attendais le moment où ces jeunes femmes se mettraient à vomir sur le tapis rouge, à cracher sur les créateurs de mode, à agonir d'insultes les spectateurs, à pisser sur le jury, à atomiser le décor.  Je pensais qu'une révolution sourde était en germe. Que tout allait exploser à la gueule des sales pourvoyeurs de beauté. Mais que dalle. Je finis par comprendre que ces gourdes voulaient elles aussi faire partie du système. Elles croyaient vraiment y avoir leur place et pouvoir faire bouger les choses.

    Triples bécasses.

     

     

     

     

     

  • passé-simple

    Que tout le monde se rassure, nous n'assisterons pas de si tôt au trépas du passé simple car les élèves ADORENT l'utiliser,
    même quand on ne leur demande pas,
    même quand on leur demande d'utiliser le passé-composé,
    même quand on leur INTERDIT de l'utiliser !

    C'est vrai, souvent, ils le malmènent, le souillent, le retournent dans tous les sens, lui font connaître les pires outrages (j'en rougis devant mes copies) mais ils insistent, persistent, s'acharnent, s'évertuent consciencieusement à lui faire honneur... à leur façon.

    Il pouva, il parta, ils prenèrent, je dansa, tu finissas, il mangirent, je m'en alla, je fuya.

    Passé-simple FOREVER.

  • premier baiser

    Le paquet de cigarettes, lancé en l'air, est retombé sur une tranche. C'est pas de pot. Jusqu'à présent, il avait chaque fois atterri sur l'une de ses faces. Le gage-baiser change selon la réception du paquet sur le sol plastifié de la tente.

    Pile : une bise sur la joue.

    Face : un simple baiser sur la bouche (le smack).

    Sur une tranche : un french kiss.

    Suivant la règle du jeu, à contrecœur, je ferme les yeux pour désigner à l'aveugle un garçon dans le groupe faisant face à celui des filles. J'entends un long murmure côté filles, des rires côté garçons. Olivier, le plus beau garçon de la colo (selon le classement des 12-14 ans de sexe féminin) s'avance. Je n'ai aucune envie d'embrasser le plus beau garçon de la colo devant une dizaine d'ados rigolards, avec mon acné, mes cheveux courts, mes pas de seins, mes pas de fesses, mes cuisses de sauterelles et mon appareil dentaire. Je suis prise d'une grande compassion pour Olivier qui attend l'air interrogatif. Je me soumets au gage, rouge, transpirante, consciente du grotesque de la scène.

    Le lendemain, le bruit court dans toute la colo que je suis sortie avec Olivier, ce qui me confère une aura momentanée, rapidement piétinée par le verdict irréductible d'Olivier :

    Elle sait pas embrasser, elle met pas la langue

     

  • ET

    Trois jours auparavant, une amie lui avait offert une fleur qui avait la particularité d'éclore superbement tout en dégageant une odeur pestilentielle.

    Depuis, elle attendait avec une certaine appréhension teintée d'excitation l'avènement CONJOINT de la beauté et de la répulsion.

     

     

  • ne te retourne pas tout de suite

    Il se penche à mon oreille et me dit : "La fille derrière toi, avec les boucles d'oreilles (Non, ne te retourne pas tout de suite), elle vient d'étaler sur son toast de la pâtée pour chat. Elle a cru que ça faisait partie des pâtes à tartiner de l'apéritif. Je n'ai pas osé le lui dire... Et, je suis un peu inquiet car les chats ne la digèrent pas très bien. Tu peux la surveiller ?"

  • Les Communistes

    Un jour, à Saint-Jouin-de-Bruneval, village normand proche du Havre dans lequel nous étions surnommés « LES COMMUNISTES», la maman d’une fillette de mon âge vint annoncer à ma mère que sa fille Katia avait lu avec moi et chez nous des « livres pornographiques », qu’elle en avait parlé à table et en paraissait très choquée. Ma mère, interloquée s’interrogea (se demandant, un instant, si mon père ne dissimulait pas des revues érotiques sous le matelas) et je dus me résigner à aller chercher les objets obscènes et licencieux : des bd de Lauzier, M. Veyron, Bretecher et quelques Hara-Kiri devant lesquels nous avions gloussé, durant quelques minutes, cachées derrière le canapé, deux jours auparavant. La maman de katia demanda expressément que ces livres soient hors d’atteinte et de vue quand la petite viendrait chez nous, menaçant ma mère de ne plus autoriser sa fille à se rendre dans notre famille si cette condition n’était pas respectée.

    Ma mère répondit alors : « Votre fille ne viendra donc plus chez nous, car je me refuse à toute censure littéraire et artistique dans ma maison »

    On ne revit plus Katia.

     Le lendemain, dans le village, notre surnom clanique s’enrichit d’une épithète : dépravés.

  • U

    Moi, je pensais, jusqu'à aujourd'hui, que mes anciens élèves restaient à vie dans une espèce d'état immuable d'adolescence. Une nature d'élève permanente, en quelque sorte. En fait, non.
    Ils travaillent, voyagent, vivent en Bulgarie, repartent pour le Cambodge et font leurs courses au super U croix-Rousse où ils ont 38 ans.

  • Johnny ligne 2

    Je n'ai que faire de Johnny, sa musique ne m'inspire pas la nostalgie d'une quelconque époque de ma vie, mais ce matin, dans le bus, quand l'une de ses chansons est passée à la radio (même pas une bonne), j'ai sensiblement perçu qu'un fil invisible reliait chacun des inconnus de la ligne 2 à l'écoute de cet air. Nos pensées matinales et éparses convergèrent quelques minutes vers une même appréhension du moment. Ce n'était pas un instant de rien.

  • Lyon/Paris

    Il était à Paris. Elle lui souhaitait, de Lyon, une assez bonne soirée, car elle avait du mal à se faire à l'idée qu'il pouvait passer une excellente soirée loin d'elle (bien sûr, elle se sentait immédiatement coupable de cette pensée peu généreuse).