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Deux - Page 2

  • relation libre

    - Et alors là, hier soir, il me propose une " relation libre ". Il me dit comme ça : " Qu'est-ce que tu penserais d'une relation libre ? "
    - Qu'est-ce que t'as répondu ?
    - Qu'est-ce tu veux que je réponde ? Moi, je suis du genre à passer les menottes et à avaler la clé !
    - Tu l'as quitté ?
    - Non. Je lui ai dit que j'allais réfléchir. L'amour est fait de compromis, tu sais bien.
    - Je sais pas pourquoi mais je la sens pas très bien cette nouvelle histoire...
    - Judith, tu fais rien qu'à me saper le moral, comme à chaque fois. Laisse-moi gagner ma résilience comme je veux. Jalouse, va.

     

     

     

     

     

     

     

     

  • absence

    J'ai attendu 47 ans pour savoir que les pivoines étaient mes élues parmi toutes les fleurs. C'est à présent une telle évidence que je ne sais pas comment j'ai pu vivre si longtemps sans même l'idée d'elles.
    La seule pensée des pivoines me suffit, parfois. Si elles ne sont pas près de moi, dans mon appartement, je sais qu'elles existent quelque part sur un marché, dans une serre, un jardin, et c'est assez.
    La semaine qui me sépare du prochain bouquet est saturée du mirage de leur fragrance et les savoir au monde est une consolation à toutes mes mélancolies à venir.

  • Rhinopharyngite

    J'ai senti, toute la nuit, les microbes de ta rhinopharyngite pratiquer l'invasion sauvage de ma sphère ORL intime dans un élan aussi fiévreux que licencieux.
    J'ai, bien sûr, laissé mon corps développer une réponse immunitaire adaptée mais, en secret, j'étais un peu du côté des agents infectieux de ta salive. Le tréfonds de toi pénétrait fougueusement mes organes, en ébranlait les fondements, en torpillait les barricades.
     
    Au matin, mucus nasal clair, augmentation du volume des amygdales, fièvre de plus de 38 degré Celsius.
     
    Tes micro-organismes enlaçaient enfin les miens. Je les caressais du bout des doigts en pensée.
    La tendre guerre ne faisait que commencer.
     
     
     
     
     
     

  • Godard 2018

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    - Tu vois mes muffins à la praline dans la glace ?
    - Oui.
    - Tu les trouves jolis ?
    - Oui.
    - Et mon sauté de veau au chorizo, tu l'aimes ?
    - oui.
    - Tu l'aimes mon pain aux olives aussi ?
    - Oui. J'aime beaucoup ton pain.
    - Et ma tarte à la tomate-moutarde ?
    - Aussi.
    - Tu vois mon pot-au-feu dans la glace ?
    - Oui
    - Tu les trouves jolis mes plats à l'ancienne ?
    - Oui.
    - Et ma tarte au potimarron-châtaignes, tu l'aimes ?
    - Oui, énormément
    - Qu'est-ce que tu préfères ? la mie de mon pain ou la croûte de mon pain ?
    - J'sais pas. C'est pareil.
    - Et mes rillettes de thon, tu les aimes ?
    - Oui.
    - Moi, je trouve qu'elles ne sont pas assez citronnées.
    - Non...
    - Et mes crevettes au gingembre ?
    - Oui, je les aime.
    - Tu aimes tout ? Mes pâtisseries, mes ragoûts, mes tartes salées ?
    - Oui, tout.
    - Donc, tu m'aimes totalement ?
    - oui. Je t'aime totalement, tendrement, tragiquement.
    - Moi aussi.                    Tu me passes la piccalilli ?

     

  • Chacun cherche

    - Mais, quand même, t'es sûre que tout le monde finit par trouver son chat ?


    - Oui. Seulement, parfois, il faut attendre la moitié du film ou la presque fin pour que ça arrive. Tu vois ? Ton chat, il se pointe pas forcément au début. Des fois, oui, mais des fois, non. Faut être patient. Et même, ça arrive que tu penses avoir trouvé ton chat et puis, en fait, non, c'en est un autre mais c'est pas ton chat, et ça retarde tout. Mais quand TON chat est là, devant toi, tu le sais.... Fichtre, OUI, tu le sais.


    - Il te reste de la colle, Jud ?

  • Cernes d'hiver

    Sur l'instant, je ne trouvai rien de plus émouvant, de plus juste et de plus harmonieux que la vision de tes cernes d'hiver sur la sonate en A major de Schubert.

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  • Projet conjugal

    - Non, chéri, je n'ai jamais dit que je n'avais pas confiance en ton talent et ta dextérité. Mais je crois, après avoir tout bien pesé, que je préférais ton projet de vente de chouchous sur la plage du Havre...
    - ...
    - Tu peux juste un peu desserrer les liens ? Ça me scie les chevilles ton truc.

     

     

     

     

    illustration : Annie Leibovitz, The Whites stripes.

  • Jeux interdits

    On joue à chat perché

    dans tous les coins de l'appartement 

    le jeu est de grimper le plus haut possible

    parfois on fait tomber des meubles

    et on casse des bibelots

    (on n'est pas très matérialistes)

     

    On joue à cache-cache

    un jour il ne m'a pas trouvée pendant très longtemps

    je me suis endormie

    à mon réveil il cherchait des poux dans ma tignasse

    ça a mal fini

    (façon de parler)

     

    On joue à loup où es-tu m'entends-tu

    je me laisse dévorer exprès

    pour l'amadouer je lèche son crâne lisse

    mais il plante ses dents dans ma nuque

    je ne peux plus bouger

    c'est le jeu de la proie domptée

    (ou presque)

     

    On joue à Colin-maillard

    je lui bande les yeux

    je l’étourdis en le faisant tourner

    je l’agace avec mon boa mauve pour le guider

    la dernière fois, toutes les plumes ont volé

    du boa, il n’est rien resté

    (Le bandeau a fini à mes poignets)

     

    On joue à 1, 2, 3 soleil !

    je deviens une statue de sel

    mais il change la règle en cours de jeu

    je ne dois pas bouger

    même quand il vient me chatouiller

    je ris je pleure je me tortille

    (le gage n'est jamais le même)

     

    On joue à la marelle

    à cloche-pieds main dans la main

    on jette le caillou

    on avance sans se lâcher

    on tombe sur la case "enfer"

    (et alors ?)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Gérald Bloncourt | enfants jouant à la marelle dans la rue, Paris, 1960

     

  • Le Havre 80

    Le temps est encore un peu gris, ici. Notre cabane de plage est cependant déjà bien plaisante en cette saison quand un rayon de soleil parvient à ramper jusqu'à elle (Oui, au Havre, le soleil rampe, tu le sais).
    Je relis souvent ta lettre et, le reste du temps, je m'ennuie avec passion. J'ai déplié ta chaise pour me faire croire que tu es parti ramasser des coquillages et que tu vas revenir bientôt.
     
    Je me languis toute et t'embrasse.
     
     
    Ta mouette.
     
     
    PS : J'ai bien retrouvé ton épuisette qui était (je le savais) cachée derrière le petit meuble blanc.
     
     
    Le Havre.
     
     
     
     
     
     
     
    (Photo extraite de la page facebook Le Havre inédit)

  • ARMAGUEDON STRIP : AUJOURD'HUI EN LIBRAIRIE.

    - Il parait que Black Lips a écrit ce titre après avoir lu Armaguédon strip de Frédérick Houdaer.
    - C'est pas possible, il sort aujourd'hui en librairie.
    - Ah ? Ben, c'est une sorte d'Annonciation, alors.


  • Don

    - Quel don n'aimerais-tu pas avoir ?
    - Lire dans les pensées des gens.
    - Même dans les miennes ?

     

  • 5 janvier

    Tu crois que ça peut arriver une fille rohmerienne qui s'éprendrait d'une leg press dans une salle de sport ?

     

  • La chatte d'Istanbul

    Je ne suis pas celle qui attend. Je ne me cache pas dans les bois en patientant mon tour.

    Je ne me fais pas discrète.

    Je suis l'intranquille aux aguets, mon impatience est sauvage.

    Je tire droit, je tire de travers, trop vite, trop tôt. C'est fait.

    Est-ce que je m'en mords les doigts ?

    Je ne laisse pas l'inconnu approcher. Je le flaire à distance. Je le prospecte.

    Je passe mon chemin.

    Je suis la chatte d'Istanbul.

    Je sprinte entre les engins des rues pour te retrouver.

    En fin de course, je me jette dans toi tête baissée, mon quartier intime, mon clan. 

     

     

    Image tirée du film Kedi - Des chats et des hommes, Ceyda Torun

     

  • Mes bouquets d'Asphodèles


  • Love like blood

    Je lui ai donné mon cœur. Et puis, après, je ne sais pas. Ça a dégénéré.

     

    Aurora consurgens, St. Gallen 15th century (Zürich, Zentralbibliothek, Ms. Rhenoviensis 172, fol. 19v)

  • 2017

    - Tu as vu ce qu'on lui a mis à l'année 2017, finalement ?

    - Oui. Et, on ne peut pas dire que c'était du tout cuit dès le départ.

    - Give me five, my love.

  • Judith & Holopherne


    Speculum humanae salvationis, France 1470-1480 (Marseille, Bibliothèque municipale, ms. 89, fol. 30v)

     
  • Mon Lion.

    Guillaume de Machaut, Le Dit du Lion, Paris ca. 1390 (BnF, Français 22545, fol. 66v)

  • Lyon/Paris

    Il était à Paris. Elle lui souhaitait, de Lyon, une assez bonne soirée, car elle avait du mal à se faire à l'idée qu'il pouvait passer une excellente soirée loin d'elle (bien sûr, elle se sentait immédiatement coupable de cette pensée peu généreuse). 

     

  • juin

    Je ne crois pas à l'amitié entre les hommes et les femmes.

    Sait-il qu'à l'instant où il prononce cette phrase, il se condamne dans le même temps à ne pouvoir jamais m'annoncer, dans notre futur, une amitié féminine naissante sans que je ne le renvoie à cette idée proférée un jour de juin ?

    Je ne peux m'empêcher d'imaginer sa parade pour échapper à son incohésion.

  • poings

    J'ai dans l'un de mes poings un dé,

    dans l'autre une amulette

    que je serre tous deux très fort pour conjurer le sort.

  • quand

    Quand la première égratignure ?

  • 50 ans

    Hier, j'ai croisé ma très vieille petite voisine du 6e étage. Elle s'est mise a pleurer en évoquant son mari mort il y a quelques mois. Elle n'imagine pas passer le nouvel an sans lui. Cette seule pensée la plonge dans un désarroi inconsolable. Quand la porte de l'ascenseur s'est refermée sur elle, j'avais son petit visage tragique et hagard planté dans la rétine.

    Elle a eu le temps de répondre à ma question : combien de temps avez-vous vécu ensemble ?

    - 50 ans.

    Je me suis de nouveau dit que la passion amoureuse circonscrite dans le temps était vraiment un truc à la portée du premier imbécile venu. Un truc de petits joueurs du dimanche.

    50 ans ou rien.

     

     

  • Tout

    Tout t'attend chez moi.