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Réseau social - Page 2

  • Poux

    Ce matin, j'apprends que les saumons d'élevage ont des poux et que les plus vulnérables en meurent. C'est même une tragédie, entraînant une chaîne de catastrophes biologiques, selon les chercheurs. L'usage des pesticides salmonicoles, est notamment, préoccupant.

    Pourtant, sachant tout cela, mon inquiétude reste d'ordre pragmatique.

    Comment un saumon victime de poux fait-il pour se gratter ?

     

  • masquer la publication

    Depuis quelques années, un petit garçon de RDC court sous la pluie et dans la boue à travers les fenêtres de nos écrans de portables. Il exécute des allers-retours paniqués malmené par un adulte brutal, le dos courbé sous des charges trop lourdes pour lui.

     

    La légende de la vidéo précise que "ces enfants esclaves extraient à main nue le colbat de nos smartphones".

     

    Facebook propose :

     

    - masquer la publication

    - se désabonner

     

    J'éteins l'écran de l'ordinateur et l'enfant poursuit son interminable course effrayée quelque part sur Terre.

     

     

     

     

    Image : un jeune garçon dans la mine de Shinkolobwe au sud-est de la République dominicaine du Congo, Schalk Van Zuydam/AP/SIPA.

  • L'Origine du monde

    Cette manie humaine de vouloir à tout prix résoudre tous les mystères de l'univers...


    Ne pourrions-nous pas d'un commun accord perpétuer quelques ténèbres et silences ? encoffrer jalousement quelques secrets immémoriaux ?

    Et, pour y parvenir doit-on, comme Barbe bleue le suggère, pendre à des crochets tous les pourfendeurs d'énigmes ?

    Il serait fâcheux d'en arriver à ces sortes de solutions extrêmes, j'en conviens. Moi non plus, je n'aime pas trop la violence.

    Mais comprenez.

  • Agence ELITE-FRONTEX

    Dans les années 2020, la guerre était, elle aussi, tenue de se présenter sous son profil le plus "sexysthétique" sous peine de n'intéresser personne. "Le réseau" postait de plus en plus d'images de résistantes des conflits modernes donnant l'impression que toutes les rebelles sortaient de l'agence de mannequinat Elite. Les jeunes êtres des exodes et conflits se devaient d'être particulièrement photogéniques pour faire la double page des journaux. Les yeux vert d'eau étaient particulièrement recherchés, "clic-clic" devant les décombres et les ruines. Il en était ainsi des photos de manifestantes de tout poil dans les grands rassemblements, voilées ou cheveux au vent.  On faisait des gros plans sur les yeux en amande, les mèches rousses et blondes et sur les poings levés les plus mignons des révolutionnaires en germe.

     

    Fort de ce constat, Jean-Phil Gauthiot organisa, en 2026, un méga défilé parisien constitué de modèles castées dans les favelas du Brésil, le bidonville de Dharavi à Mumbai et les camps de réfugiés africains (notamment, le Dollo-Ado éthiopien et le Kakuma Kényan). L'objectif annoncé par le créateur était de "rompre une fois pour toute avec l'archétype de beauté occidental propagé depuis des décennies de manière despotique dans le monde de la mode et du mannequinat". Le public applaudit à tout rompre l'audace de cette proposition de mixité ethnique sur les podiums. Toute la collection était créée à partir de matériaux recyclés, récupérés dans des campements de réfugiés avec l'aide de Frontex, l'agence de surveillance des frontières européennes. Une grande première.

     

    Jamais la misère mondiale ne parut aussi séduisante et désirable.

     

    Le défilé connut un succès international, fut retransmis sur toutes les chaînes et la collection de pièces uniques se vendit à prix d'or auprès des milliardaires de la planète.

     

    Une fois tout le ramdam passé, on remercia les jeunes modèles d'avoir contribué à "l'élargissement du champ esthétique de l'univers de la beauté" puis on les renvoya d'où elles venaient, non sans les avoir rétribuées généreusement. Libres à elles, après cela, de se comporter en égoïstes frivoles en fuyant leur milieu de vie originel ou de se conduire en citoyennes responsables et altruistes au sein de leur communauté.

     

    On n'allait pas tenir leurs mains jusqu'à la fin des temps, aussi mignonnes soient-elles.

  • Bad boys

    A presque 45 ans, Pamela fantasmait encore sur les bad boys, les mecs rock'n'roll comme elle disait, un peu poètes un peu trash (elle kiffait les mots fuck et éjaculation dans la poésie), mais, en cachette, elle lisait avec une grande assiduité son horoscope guettant tous les signes d'une romance à l'eau surannée de rose. Elle voulait "qu'on l'aimât pour ce qu'elle était" (comme Bridget Jones dans Le Journal). En fait, elle rêvait secrètement l'avénement d'un Mark Darcy tout en passant son temps à tenter de séduire tous les Daniel Cleaver de passage.

    Où cette quête contradictoire allait-elle bien la mener ?

  • impact

    Mais, vous savez bien,
    cher ami,
    que tout est question de relativité.
    Preuve en est qu'un astéroïde
    frôle la terre
    quand il passe à 200 000 km d'elle.

  • NOP

    Je ne prends pas de cours de Pole dance, je ne prends pas de cours de salsa, je n'aime pas les affiches pour la fête des mères sur lesquelles un enfant dit J'ai une maman Rock'n'roll, je n'ai pas de tatouage, je n'ai pas de piercing, je n'aime pas me mettre minable avec les copines divorcées, le samedi soir (ni le vendredi ni le mardi même), je n'aime pas vomir, je n'aime pas la bière, je n'ai jamais fait de soirée sex-toy, j'écoute du rock'n'roll mais je ne suis pas rock'n'roll, je ne comprends pas l'épilation intégrale, je n'aime pas le mot sexy, je ne dis pas la phrase Les hommes, tous les mêmes, je ne suis pas une killeuse, je ne suis pas une MILF, je ne suis pas accroc au sexe, si j'aime Bukowski, ce n'est pas parce qu'il est alcoolique et borderline, je ne rencontre pas d'hommes sur Tinder, j'aime les vieilles chansons italiennes sirupeuses, j'aime être complètement dépendante en amour et j'aime travailler dans mon lit.

    Bref, je crains bien être une femme de 48 ans extrêmement ennuyeuse pour la plupart de mes contemporains hommes et femmes, me dit-elle.

  • Pénélope cruz

    La jeune femme qui travaille dans la boucherie de mon quartier ressemble à Pénélope Cruz.

    Enfin, non, pour être précise, elle n'y ressemble pas réellement, trait pour trait.

    Elle a comme un début de menton un peu double, la forme des pommettes est sans doute moins gracieuse et sa blouse rose ne cache sûrement pas des courbes d'actrice espagnole (quoique ce soit difficile à dire).

    Et, pourtant, elle a un vrai faux air de Cruz. Une intensité noire dans le regard. La courbe du sourcil peut-être. Quelque chose de sombre, de profond, de légèrement cerné. La paupière un peu lourde.

    Un jour, ça doit être un peu plus flagrant que d'habitude, je le lui dis : Vous avez un faux air de Pénélope Cruz, vous.

    Le boucher rit, plante sa hachette dans la viande et s'exclame : Ouais, mais le salaire en moins !

    Pénélope lève les yeux au ciel : Et quoi d'autre avec les biftecks ?

     

  • Larmes de tortue

    Ces papillons d'Amazonie qui butinent les larmes des tortues, c'est d'abord un tableau d'une mystérieuse beauté poétique.
     
    Puis, tu apprends que c'est le manque cruel de sodium dans cette région du monde qui pousse les papillons à harceler continuellement les tortues.
     
    Et puis, tu comprends que cette pratique finit par mettre en danger les tortues qui, très souvent aveuglées par les nuées de papillons s'abreuvant à leurs yeux, ne peuvent plus se protéger de leurs prédateurs.
     
    Et tu te dis, la mystérieuse beauté poétique...
     
     
     
     
     
     
     
    photographie : Milo Burcham

  • La peur dévore l'âme (Angst essen seele Auf)

    - Non mais, c'est la fin de la séduction, là ! On ne peut plus rien dire, plus rien faire sans flipper d'être importun, faut arrêter !

    -  Console-toi. Survivront longtemps l'amour paria, la tendresse et l'érotisme à la Fassbinder. Fais preuve d'imagination et arrête de geindre.

     

     

     

    Image extraite du film La peur dévore l'âme (Angst essen seele Auf)

  • Peanuts

    Il se réjouissait de faire partie d'une société dans laquelle on pouvait devenir héroïque à peu de frais. Déposer un ticket de transport en commun encore valide sur une borne de métro était devenu un geste hors-la-loi. On pouvait, aujourd'hui, entrer dans la résistance pour peanuts, ce qui l'arrangeait bien finalement. Il n'avait pas beaucoup de temps à consacrer à une quelconque révolution mondiale en ce moment.

  • Dans son ensemble

    Si l'on exclut les génocides, l'invention de la gégène, des talons aiguilles, du fond de teint et du string

    la vie humaine n'est finalement pas si décevante que cela

    dans son ensemble.

  • Idiocracie.

    "Le leader nord-coréen Kim Jong-Un vient d'affirmer que le "bouton nucléaire est sur son bureau en permanence" (...) informez-le que moi aussi j'ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que le sien, et il fonctionne!"

    Donald Trump, Tweet, 3 janvier 2018

     

    Image tirée du film Idiocracy, 2007, réalisateur : Mike Judge

     
  • Paie ta révolution

    Dans les années 2010, "le monde du mannequinat" vit poindre des tentatives de rébellion sporadiques qui consistaient à glisser des filles à formes, des filles à poils, des filles handicapées, des filles brûlées, des filles souffrant de vitiligo, des filles naines dans les défilés de haute couture.

    Des gamines trisomiques se mettaient à singer les Miss dans "les concours de beauté" et le public dégueulasse les acclamait.

    Moi, bêtement, j'attendais le moment où ces nouvelles héroïnes se mettraient à vomir sur le tapis rouge, à cracher sur les créateurs de mode, à agonir d'insultes les spectateurs, à pisser sur le jury, à atomiser le décor.  Je pensais qu'une révolution sourde était en germe. Que tout allait exploser à la gueule des sales pourvoyeurs de "beauté". Mais que dalle. Je finis par comprendre que ces gourdes voulaient elles aussi faire partie du système. Elles croyaient vraiment y avoir leur place et pouvoir faire "bouger les choses".

    Triple bécasses.

     

     

     

     

     

  • passé-simple

    Que tout le monde se rassure, nous n'assisterons pas de si tôt au trépas du passé simple car les élèves ADORENT l'utiliser,
    même quand on ne leur demande pas,
    même quand on leur demande d'utiliser le passé-composé,
    même quand on leur INTERDIT de l'utiliser !

    C'est vrai, souvent, ils le malmènent, le souillent, le retournent dans tous les sens, lui font connaître les pires outrages (j'en rougis devant mes copies) mais ils insistent, persistent, s'acharnent, s'évertuent consciencieusement à lui faire honneur... à leur façon.

    Il pouva, il parta, ils prenèrent, je dansa, tu finissas, il mangirent, je m'en alla, je fuya.

    Passé-simple FOREVER.

  • gentil dauphin

    Rétablissons une vérité scientifique naturaliste : le porc n'est ni un obsédé sexuel ni un violeur.

    En revanche, le dauphin, SI.

    S'il n'est donc pas du tout pertinent de parler de "porc" ou de "cochon" pour désigner un homme-prédateur sexuel, il serait ainsi tout à fait légitime d'évoquer le dauphin.

    Balance ton dauphin.
    (Je sais, ça va nous faire bizarre au début, mais il n'y pas de raison pour que ceux qui n'ont rien fait paient pour les autres).

  • (

    Parce qu'il passait le plus sombre de son temps à ricaner méchamment sur le monde, sa bouche finit en une seule fente maline sans plus de lèvres pour embrasser les filles ou les garçons sans plus de dents pour mordre la pomme ou la peau.

     Voilà.

  • survie

    Les conseils de survie que l'on trouve sur facebook sont la raison pour laquelle j'hésite à me désinscrire.

    3. Si vous avez été enfermée dans un coffre d'auto : enfoncez les phares arrière, puis passez votre bras dans l'ouverture et agitez-le frénétiquement. Cela attirera l'attention de tous à l'exception du conducteur. Un conseil qui a déjà sauvé des vies.

     

     

     

     

     

     

     

    Photo : Candy G.

  • Instagram

    La fille, à la télé, elle est brûlée sur une surface représentant 40% de son corps. Elle a brûlé un jour de carnaval. Une cendre de cigarette a fait flamber son costume de mouton. Depuis, elle fait des poses de mannequin avec ses brûlures apparentes, sur Instagram, parce que ça l'aide à accepter son corps.