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  • je suis un chameau hollandais

    Pour une fois que je gagne quelque chose à un jeu-concours, c’est la version numérique du Grand Robert « le dictionnaire le plus complet de la langue française ».


    J’ai besoin de vacances. J’aurais préféré gagner le séjour club-Auchan avec ukulélé, animations-plage et karaokés. Le pansu hollandais tout rouge fait perdre son équipe au jeu de l’équilibre sur matelas gonflable, il a un gage. Il court trois fois autour de la piscine en criant « Je suis un chameau hollandais » avant de faire une bombe dans l’eau pendant que sa femme flirte avec le G.O. à l’accent local et que sa fille de 14 ans s’entraine à défiler en maillot de bain et talons hauts pour le concours de Miss. La prof de S.V.T à la retraite suçote un cocktail alcoolisé dans une noix de coco sur une plage privée interdite aux autochtones.


    La première page numérique du Grand Robert s’ouvre sur le mot : GLYPHOSATE [glifozat] n.m. ETYM.1973 ; de gly(cine), phos(phonométhyl), et suff.chim.-ate. Chim. Composé chimique employé comme herbicide.
    « Polémique autour des risques cancérigènes du glyphosate ».

     

    J’ai besoin de vacances.

  • charlatanisme

    Mensonge ?

     

    Le plus grand charlatanisme a eu lieu

    entre moi et moi  

     

    coups d’esbroufe

    coups du lapin dans le chapeau

    élixirs magiques

    bon profil

    petite fille qui fait tourner sa robe à volants

    devant des miroirs lissants

     

    ô petite menteuse

    qui ne dupa qu’elle-même.

     

     

     

     

     

     

    Photographie : Cécilia Janaudy

  • la mort avant la mort

    Restez à distance

    Respectez les gestes barrières

    Portez un masque

    Si vous aimez vos proches, ne vous approchez pas

     

    des slogans contre la mort

    qui puent la mort

     

    Aires de jeux d’enfants sans enfants

    toboggans entourés de rubans rouge et blanc

    balançoires décrochées des poteaux en ferraille rouillée

     

    Un virus il parait 

    mais c’est comme s’il y avait autre chose

    un silence créé de toute pièce

     

    La vieille dame dit :

    J’ai 92 ans

    je ne vois plus personne

    je veux embrasser mes petits enfants

    et si je dois mourir demain

    que je crève

    mon dieu

    que je crève

    l'absence

    le silence

    c'est la mort

    avant la mort.

     

     

  • Voir

     L’âge avançant, je vois de moins en moins clairement ce qui est sous mes yeux alors que mon regard semble affûté pour distinguer les choses lointaines.

     

    Bien que des lunettes m’offrent artificiellement la possibilité de voir nettement le monde de près ou de loin, ne pas Voir naturellement ce qui est immédiat m’apparaît cependant comme un vrai problème.

     

    C’est là, sous tes yeux. Tu ne le vois donc pas ?

     

    Non, je ne vois pas l’Essentiel. Et mon regard se laisse distraire par de rassurants paysages lointains…

  • Au pas

    Au lendemain du confinement, les parcs lyonnais se réveillent embroussaillés, ébouriffés, hirsutes et sauvages. Les mauvaises herbes – qui les a un jour déclarées « mauvaises » ? - s’épanouissent, les hautes herbes poussent de manière anarchique, les branches des arbres s’enlacent et les coquelicots font des tâches rouges ici et là.

     

    L’humain n’a pas encore repris les choses en main.

     

    Mais, c’est pour bientôt.

    Le retour à la norme.

    Bien sûr.

    C’est pour bientôt.

    Demain sera de nouveau tondu, poli, lissé, rasé, élagué.

    Rien ne dépassera.

     

    Au pas, au pas.

  • Frères de colère

    Qui aurait pu dire aujourd’hui, en les voyant marcher côte à côte, qu’ils étaient passés tous les deux par la même colère dix années auparavant ?

     

    L’un, à présent, était terne et gris tandis que l’autre rayonnait d’une lumière douce et chaude.

     

    Le premier avait nourri sa colère, jour après jour, année après année, si bien que prenant la forme d’un boa constricteur géant, elle avait fini par s’enrouler autour de son cœur et ses poumons jusqu’à les étouffer. Il ne respirait plus qu’avec peine et cette gêne permanente le rendait aigre et hargneux.

     

    Le deuxième avait, dans un premier temps, laissé se déployer sa colère puis avait sondé son caractère impermanent et l’avait regardée fondre comme flocon au soleil pour ne conserver en lui que ce rai bienfaiteur qui avait continué de réchauffer son cœur et tout son être. De cette énergie lumineuse pourtant née de l’ire avaient jailli des actions salutaires pour lui et les autres.

     

    L’un avait fait de sa colère un tombeau, l’autre, un paysage nouveau.

  • Le secret

    J’ai un secret. Je ne le dirai pas, puisque c’est un secret. Il n’a rien d’extraordinaire, il n’a rien d’inouï. Tu peux le trouver partout, sous les galets, dans l’eau et dans l’air si tu regardes bien. Il m’aide à vivre. Pas à survivre, pas à avancer de manière mécanique. Non, à Vivre, tout simplement. C’est étrange de vivre quand on n’y est pas habitué, ça fait bizarre la première fois. Mais après le choc, en se rend compte que c’était simple depuis le début et que ce qui est difficile, c’est de retrouver ce début. Et puis de comprendre, ensuite, qu’il n’y a ni début ni fin. Voilà. Je l’ai un peu partagé mon secret. Mais en dire plus ne servirait à rien. Il est là, à portée de main, et n'attend que d'être saisi.

  • fais le job

    Fais le job

    quel qu’il soit

    selon ton talent

    fais-le

    La cantinière

    en temps de révolution

    n’est pas moins importante

    que le soldat du front

     

    Si tu sais faire le pain

    malaxe la pâte

    Si tu sais penser

    prends le temps d’expliquer

    Si tu sais fédérer

    organise

    Si tu sais te battre avec les poings

    cogne

    Si tu sais soigner

    panse

    Si tu sais construire des maisons

    maçonne

    Si tu sais jouer du banjo

    joue

    Si tu sais écrire sur les choses

    prends ton stylo

    Si tu sais peindre

    prends ton pinceau

    Si tu sais voir

    filme

    Si tu sais garder les troupeaux

    veille

    Si tu sais faire pousser les radis

    sème

    Si tu sais méditer

    médite

    Si tu sais prier

    prie

     

    Si tu ne sais rien faire de spécial

    lis

    contemple les tableaux

    regarde les films

    les paysages

    déguste le radis

    C’est beaucoup

     

    Si c’est encore trop demandé

    alors dors quelque temps

    nous viendrons te réveiller

    peut-être un jour

    si tout ne s’est pas effondré

    d’ici là

     

     

     

     

     

     

     

    Polaroid, Pointe courte, Sète. Été 2019.

  • Chino rouge et trottinette

     Le père-croix-roussien-de-53 ans-qui-a-refait-sa-vie porte aujourd’hui un chino rouge, un polo vert et une barbe de trois jours poivre et sel. Il fait très bien de la trottinette. Comme ça il peut traverser la place Jacquard à toute vitesse pour rejoindre une maman croix-roussienne trentenaire qui tient par la main sa petite Capucine et dans l’autre main son caddie orange à fleurs Antoine et Lili.

    Depuis qu’il a refait sa vie, le père croix-roussien quinqua a plein de copines de l’âge de sa deuxième femme, charmantes, joyeuses, créatives et socialement investies.

     

    - Papa, tu vas trop vite avec ta trottinette, je vais le dire à maman que tu m’attends pas ! râle le petit Lucien en lui balançant un gros coup de pied dans les tibias.

     

    - Hahaha ! répond le père-croix-roussien-de-53 ans-qui-a-refait-sa-vie.

     

    - Hahaha ! renchérit la maman de Capucine derrière son masque de confinement imprimé liberty cousu main.

  • alter ego

    Ses coups de cœur pour les personnes étaient tout aussi fulgurants que ses désaffections. Elle s’emballait, s’énamourait, s’excitait, se passionnait, mais sitôt qu’elle s’apercevait que l’autre n’était pas en tout point semblable à elle, qu’il ou elle avait des aspirations différentes, des pensées divergentes, des préférences éloignées des siennes - c’est-à-dire, à chaque fois - elle se sentait violemment trahie. Elle rompait alors avec rage et éclats accusant cet autre de n’être qu’un falsificateur alors même qu’elle s’était enflammée sans laisser l’opportunité à la nouvelle capture de se dévoiler un peu pour éviter tout malentendu.

    Prise dans ses propres rets, elle pestait alors contre ce monde médiocre peuplé d’êtres qui avaient l’extrême mauvais goût de n’être pas harmonisés à ses lois et principes et repartait sans délai à la recherche d’un nouvel alter ego à la hauteur de son idéal.

     

     

     

     

    Illustration : Corinne de Battista

  • Libre mes fesses

    Libre de rien

    de rien

    de rien du tout

    libre

    mes fesses

    libre de rien

    je me vautre

    dans un monde

    fabriqué à ma guise

    pour me complaire

    sans risque

    sans danger

    mon

    ma

    mes

    juste unie à qui je veux

    mais sinon

    séparée

    séparée

    du reste

    je crois

    séparée de l'autre gourde

    de l'autre con

    séparée je crois

    comme si c'était possible

    comme si j'avais pigé quelque chose

    à quoi que ce soit

    comme s'il suffisait d'acquiescer

    comme s'il suffisait de lire

    comme s'il suffisait de punaiser des images

    libre de que dalle

    bonne à rien

    tu peux rire

    je m'attaque aux barreaux de fer

    avec une lime à ongles

    je creuse le tunnel

    avec une petite cuillère en plastique

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Moussa et Valentine

    Moussa avait croisé Valentine sur les réseaux sociaux quelques jours avant le début du confinement. Le premier rendez-vous qu'ils s'étaient fixé avait été contrarié par les règles de distanciation sociale et les gestes barrières. Alors, tous les soirs à 21 h, Moussa quittait le pavillon d'un cossu quartier résidentiel avec son luth pour jouer la sérénade sous les fenêtres de Valentine qui envoyait des baisers à son galant du haut du 3e étage de son H.L.M. de banlieue.

    Au fil des jours, c'était devenu un feuilleton attendu par tous les habitants de la barre C. Un soir que quatre agents de la police municipale vinrent interrompre l'aubade pour demander son attestation de déplacement dérogatoire à Moussa - certainement convoqués par quelque locataire jaloux de la barre B - ils repartirent sous les huées et les ordures ménagères des résidents farouchement défenseurs de ce spectacle quotidien de l'amour courtois sous leurs persiennes.

    A la fin du confinement, les habitants du quartier organisèrent un grand bal dans la salle polyvalente de la M.J.C pour célébrer le premier rendez-vous physique des amoureux. Moussa et Valentine, intimidés, attendirent d'être à l'abri des regards pour échanger leur premier baiser, sans masque, sans gel hydroalcoolique, sans attestation, sans contrôle policier. Puis, ils dansèrent jusqu'au petit matin avec leurs joyeux complices avant de se retirer pour aller enfin à la véritable rencontre l'un de l'autre, sans spectateurs ni témoins.

  • mugs et t-shirts

    J’adore la chanson Le Chiffon rouge, non vraiment, j’adore. Je la connais par cœur et je la chante encore avec autant d’enthousiasme qu’il y a 43 ans. Parce que ça me projette dans le joyeux monde du milieu des années 70 dans lequel je me voyais entourée d’adultes passionnées et chaleureux. J’ai même encore beaucoup de tendresse pour les paroles gentiment utopistes de Maurice Vidalin.

     

    Mais si les chansons post 68 me font encore vibrer, c’est au même titre que la vision d’une vieille 2 CV verte croisée au hasard des rues. Mes poils se dressent d’émotion et puis je passe mon chemin pour revenir au monde d’aujourd’hui. Hop, à pieds joints dans la réalité de 2020 qui se gondole bien à l’écoute des chansons du Big bazar et du Flower Power.

     

    Non, mais entendez-moi bien : moi aussi j’aime la paix, l’amour et les fleurs, moi aussi je voudrais encore chanter : Ne crains plus rien, le jour se lève, il fera bon vivre demain, avec tout le sérieux de mes 7 ans. Ce n’est pas la question. Mais ce n’est plus possible. Pas comme ça.

    Dès l'instant où des mugs et des t-shirts à l'effigie de Che Guevara ont été mis en vente dans les vitrines des centres commerciaux, on aurait dû flairer l'entourloupe et balancer des grenades. A la place, on a porté les t-shirts et on a bu notre café dans les mugs.

     

    Je suis sortie de l’adolescence (un peu tard), j’ai étreint une dernière fois mon idéalisme hanté d’idoles mortes avant de le regarder s’éloigner sans regret.

     

    Et je me dis, aujourd'hui, qu'il n’est peut-être pas trop tard pour inventer la nouvelle la B.O. de nos manifs.

  • Jambon et 4 L

    J’ai toujours connu Maurice Crampon dans sa salopette en jean, la même que celle de Coluche ; il était costaud, râblé, menuisier et communiste et quand il nous gardait après l’école, c’est devant la charcuterie qu’il garait la voiture à l’heure du goûter. Bougez pas les filles, je reviens ! Stéphanie et moi mangions les tranches de jambon géantes avec les doigts à même le papier gras enfoncées dans les coussins arrière de la 4 L.

    Maurice sur la route qui nous conduisait à la Mare Rouge chantait à tue-tête des chants révolutionnaires, Gitane sans filtre au bec, toutes fenêtres ouvertes. Son grand jeu pour nous faire rire était de tourner rapidement le volant de gauche à droite pour faire des secousses qui nous envoyaient valdinguer d’un bout à l’autre des sièges parce qu’on n’avait pas de ceinture de sécurité. On essuyait nos mains grasses sur nos vêtements et sur le tissu de la banquette en braillant le refrain du Chiffon rouge, la fumée de cigarette finissait par former un épais brouillard dans l’habitacle et, souvent, à l’arrivée, je vomissais juste avant de m'élancer vers le plus grand toboggan du monde.

     

     

  • ta fiction

    Il est comment ce monde que tu t’es créé dans le monde ?

     

    Elle ressemble à quoi ta fiction à toi,

     

    celle sur laquelle tu as tout pouvoir 

     

    celle que tu peux écrire à ta guise ?

     

    Les pensées que tu fabriques quotidiennement t’aident-elles à vivre

     

    ou te clouent-elles sur place ?

     

    Les laisses-tu tourner dans ta tête nuit et jour

     

    comme des hamsters dans leurs roues ?

     

    Cette usine à hamsters tourne-t-elle à vide 24h/24 

     

    pour te dire que tu aurais pu mieux agir,

     

    mieux dire,

     

    mieux aimer ?

     

    Ou trouves-tu des réponses pour agir,

     

    dire,

     

    aimer mieux ?

     

    As-tu choisi les bons personnages ?

     

    Laisses-tu entrer le diable et ses comparses dans ta fiction ?

     

    Les laisses-tu te raconter que tu as tort, que tu es coupable,

     

    que tu dois payer pour ce que tu as fait

     

    ou ce que tu n’as pas fait ?

     

    Les laisses-tu saloper ton salon,

     

    souiller tes murs,

     

    vomir dans ton lit 

     

    te cracher à la face

     

    et repartir hilares au petit matin

     

    en disant : A demain !

     

    Merci pour l’accueil !

     

    Non, bien sûr :

     

    Qui voudrait se fabriquer une telle fiction ?  

     

    Cela n’aurait aucun sens.

  • Replay

    Ma fille me lâche la main

     

    Regarde maman les oiseaux de mai

     

    comme ils sont joyeux et replets !

     

    Une petite fille de trois ans ne dit pas « replet »

     

    mais c’est ma fille

     

    pourquoi s’interdirait-elle des mots 

     

    en ce jour de printemps 

     

    à quelques pas de mes cinquante ans ?

     

    Ce chiffre n’existe pas, 

     

    pas plus que n’existe celle

     

    à qui je tiens pourtant la main

     

    pour aller rejoindre son papa

     

    qui lui existe bien

     

    puisqu’il m’a fait un enfant

     

    une petite fille de trois ans

     

    qui dit « replet »

     

    et qui bat des mains

     

    en regardant s’envoler

     

    les oiseaux du printemps.

     

     

     

     

     

    Illustration : la petite fille et l'ours en peluche, Doisneau.

  • Suzie

    - Oui, Fany ?

     

    - Alors, moi, je propose de couper les organes génitaux des hommes qui me regardent dans la rue et qui me sifflent comme si j’étais une chienne.

     

    - Suzie ? Tu veux t’exprimer ?

     

    - Ce que je voudrais aussi, moi, c’est couper les organes génitaux des hommes qui ne me regardent pas dans la rue, ni ailleurs, parce qu’ils me trouvent moche. Depuis l’enfance. Pas un regard, pas un sourire, pas un compliment. C’est discriminant. Ils doivent payer.

     

    - Oui, mais là, Suzie, tu cautionnes le male gaze. Nous ce qu’on veut, c’est justement ne pas être regardées comme des objets sexuels.

     

    - Ah ?

     

    - Oui, Suzie. Tout le monde est d’accord ? Tout le monde a bien compris ce qu’on fait là ?

     

    - Oui, mais, alors, en quoi je suis concernée, moi ? J’ai jamais été regardée, ni draguée, ni harcelée en 30 ans.

     

    - Suzie, tu dois faire preuve de sororité.  Ne sois pas crispée sur ta petite personne, notre lutte n’avancera que si on est solidaires.

     

    - Ben, on est solidaires, non ? On a toutes envie de les émasculer.

     

    - Oui, Suzie, si tu veux, mais nous sommes là pour dénoncer le male gaze et la société patriarcale. Je recentre le débat. Si tu n’es pas regardée, c’est parce que les codes ancestraux régis par le male gaze consistent à limiter la femme à son apparence physique et que ce sont eux qui décident de ce qu’est un corps attirant ou pas. Dans un monde idéal, les hommes et les femmes se regarderaient avec neutralité. Personne ne serait plus « la bonne » ou « la moche ».

     

    - N’empêche… moi, je préfère aussi les beaux garçons aux moches.

     

    - Hein ?

     

    - Je dis que je préfère regarder les hommes beaux. Mais, ils s’en foutent de moi, ils regardent Fany. Ce qui est nul, vu que Fany ne veut pas être regardée, elle. Moi, juste un petit regard de rien du tout de temps en temps, ça m’irait. Je demande pas grand-chose.

     

    - Suzie, qu’est-ce que tu fais parmi nous ?

     

    - Je l’ai déjà dit. Je veux couper des organes génitaux masculins. Et dites ! Est-ce que c’est chez vous qu’on montre ses seins dans les manifs ?

     

    - Non, c’est chez les Femen…

     

    - Ah… Ah, bon, dommage… parce que y a que ça de joli chez moi, les seins…