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Le détail

https://www.youtube.com/watch?v=gvpnEHP70N0

   Au lycée, les garçons ne se touchent que pour se taper, se bousculer, se faire mal.

   Les filles, elles, peuvent se tenir la main, caresser les cheveux de leur meilleure amie, se balader épaule contre épaule, se faire des bisous, mais pas les garçons. Ils deviendraient d’emblée des « tapettes », des « filles » (injure radicale), des « gros PD ».

   Alors, dans la cour, dans les couloirs, les garçons se donnent des coups de poing, s’étranglent, se battent et, s’ils finissent par s’enlacer, c’est à l’image de ces boxeurs qui reprennent leur souffle et leur force avant le retour au combat.

   Pourtant, dans cette vidéo filmée lors d’un exercice de grammaire dans l'une de mes classes, un détail m’arrête - tel ce petit chat en train de laper son lait à côté de la grange dans le coin d’un tableau champêtre du 17e siècle - oui, un détail happe mon regard qui ne peut s’en détacher. Deux mains de garçons posées l’une sur l’autre.

   Le geste n’est pas furtif, il dure exactement cinquante-trois secondes. Cinquante-trois secondes d’accalmie, de grâce, durant lesquelles, tout concentrés qu’ils sont à chercher des erreurs orthographiques dans leur « dictée négociée », les deux garçons laissent leurs corps revenir naturellement au toucher fraternel, à la délicatesse, avant les quelques minutes qui les séparent des lois de la recréation.

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